Le changement de sexe

La plupart des êtres humaines découvrent leur orientation sexuelle lors de l’adolescence où a lieu la puberté. Pourtant, parler d’orientation sexuelle est réducteur si on prend en compte l’échelle de Kinsey.

Les enquêtes menées par Alfred Kinsey au tournant des années 1950 ont permis de constater que homosexualité et hétérosexualité ne sont pas deux orientations sexuelles et amoureuses exclusives. Elles constituent plutôt les pôles d’un même continuum de l’orientation sexuelle. À partir de deux études sur le comportement sexuel des Américains effectuées auprès de quelques 5 300 hommes (en 1948) et de 8 000 femmes (en 1953), Kinsey a conçu une échelle portant sur la diversité des orientations sexuelles. Cette échelle, graduée entre hétérosexualité (0) et homosexualité (6), avait comme but d’évaluer les individus en fonction de leurs expériences et leurs réactions psychologiques :

0 Exclusivement hétérosexuel(le)
1 Prédominance hétérosexuelle , expérience homosexuel(le)
2 Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le)
3 Bisexuel sans préférence
4 Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel(le)
5 Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuel(le)
6 Exclusivement homosexuel(le)

Ce schéma montre la diversité des orientations sexuelles. Selon Kinsey, tout être humain porte en lui une composante hétérosexuelle et une composante homosexuelle. Celles-ci s’aménageant diversement d’une personne à l’autre, on ne peut finalement établir des catégories sexuelles étanches et « tranchées au couteau ». De plus, s’ajoutent à l’acte sexuel, les questions de sensibilité et d’affectivité qui complexifient davantage les choses.

Certaines personnes se sentent hommes alors qu’elles sont nées « dans un corps » de femme, et l’inverse existe également. Depuis les progrès de la médecine, et plus particulièrement de la chirurgie, ces personnes ont pu avoir recours à la chirurgie pour modifier leur apparence physique.

Peut-on vraiment parler de changement de sexe ?

Les médecins parlent de chirurgie de réattribution sexuelle pour parler de la procédure chirurgicale par laquelle les caractéristiques sexuelles d’une personne sont modifiées pour obtenir l’apparence du sexe opposé. D’autres expressions sont parfois utilisées comme « chirurgie de reconstruction génitale » voire « chirurgie d’affirmation sexuelle ». Les expressions « génitoplastie masculinisante » et « génitoplastie féminisante » sont utilisées dans le milieu médical.

On appelle transsexuelles les personnes qui ont eu recours à ce type d’opération. Certains préjugés et lieux communs circulent à leur sujet, en voici quelques uns:

Les personnes transsexuelles seraient des homosexuel(le)s qui refusent leur orientation sexuelle.

Ce préjugé, encore assez courant, est lié à une erreur dans la distinction entre genre et sexe. Ainsi par exemple, deux hommes gays attirés l’un par l’autre s’identifient bien comme des hommes et sont attirés par l’autre en particulier parce que l’autre est un homme. Et les deux vont interagir en homme dans la relation. Pour de telles personnes, une intervention de réattribution de sexe a toutes les chances de se révéler catastrophique et les personnes homosexuelles, bien au clair sur leur identité, n’en voudront jamais.

Il en va tout autrement avec des personnes transsexuelles. Une femme transsexuelle se situe en femme et a besoin d’entrer en relation en tant que femme, de pouvoir s’investir affectivement en tant que femme et de pouvoir vivre une relation sexuelle en tant que femme (quelle que soit son orientation sexuelle, d’ailleurs). Il en va de même pour un homme transsexuel. Les deux conditions sont donc bien distinctes.

Là où il arrive qu’elles interagissent, c’est en début ou en fin de parcours. Au début, il arrive que des personnes ne puissent pas mettre tout de suite le mot « transsexualité » sur ce qu’elles vivent et qu’elles commencent par vivre en tant que personnes homosexuelles, pour se rendre compte que ça n’est pas vraiment cela qu’elles vivent et pour alors comprendre que, contrairement aux personnes homosexuelles, il est question d’abord de leur identité sexuelle, de qui elles sont, et pas de qui elles aiment. En fin de parcours, il arrive aussi que des personnes transsexuelles se découvrent en plus homosexuelles (et se définissent alors comme des femmes lesbiennes ou comme hommes gays).

Les personnes transsexuelles seraient condamnées à vivre une vie marginale et à vivre de la prostitution.

Ce genre de propos est encore opposé bien trop souvent à toute personne qui envisage une transition et à ses proches. Mais, avec l’arrivée d’Internet, certaines ont pris le risque de publier leur témoignage sur le web. C’est ainsi que, parmi d’autres, le site de Lynn Conway contient des pages de témoignages de femmes ayant réussi leur transition[18] ainsi que d’autres consacrées aux hommes (FtM)[19].

Ces témoignages de personnes de nombreux pays et de nombreuses origines sociales peuvent rassurer les personnes qui envisagent leur transition ainsi que leurs proches et leur permettre de comprendre que, même si une transition est une entreprise très délicate, il est tout à fait possible de la réussir et de vivre pleinement sa vie.

Les personnes transsexuelles devraient renoncer à toute forme de plaisir sexuel.

Ce préjugé est répandu, y compris parmi certains psychiatres et autres intervenants censés prendre en charge, aider et accompagner les personnes transsexuelles. Dès la création des premières vaginoplasties modernes par le Dr. Georges Burou à Casablanca, Maroc au milieu des années 1950, il a eu le souci de préserver la capacité de plaisir sexuel et même d’orgasme des personnes. Il a de ce fait créé un protocole qui conserve les nerfs et une partie du tissu érectile qui sont placés dans le corps, entre autres pour reconstituer un clitoris. Actuellement le meilleur chirurgien mondialement reconnu pour la chirurgie SRS M to F est thaïlandais en la personne du Docteur Suporn WATANYUSAKUL plus connu sous le nom de « Dr Suporn » qui opère à Chonburi près de Bangkok.

Cela fait maintenant 50 ans que ce protocole a été perfectionné, et le moins que l’on puisse dire est que, tant qu’il est pratiqué par un des chirurgiens de premier plan, la personne a toutes les chances de pouvoir vivre une vie sexuelle pleine et épanouie après son opération. Il lui faudra certes prendre le temps de redécouvrir son corps, mais elle pourra alors vraiment en jouir, faisant naître un net tournant par rapport à ce qu’elle aura vécu avant sa transition. Les phalloplasties sont moins perfectionnées sur ce point, mais elles sont en progrès rapide et elles devraient bientôt devenir aussi raffinées que les vaginoplasties.

Lili Elbe (née Einar Wegener) (1882-1931), est une artiste danoise, connue pour être la première personne intersexuelle ayant subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Einar rencontre Gerda Gottlieb et l’épouse en 1904, alors qu’elle a dix-neuf ans. Tous deux travaillent comme illustrateurs.C’est en se travestissant en femme pour servir de modèle à son épouse que Wegener fait naître Lili Elbe. Il apparaît de plus en plus en tant que femme, et Gerda le présente comme la sœur d’Einar.

En 1930, Wegener part en Allemagne pour subir une série de cinq opérations chirurgicales en deux ans afin de changer de sexe. La première opération, qui consiste à retirer les testicules (orchiectomie) se fait sous la supervision du sexologue Magnus Hirschfeld à Berlin. Les autres opérations ont lieu à Dresde. Lors de la deuxième opération, son pénis est retiré et des ovaires lui sont transplantés, qui seront retirés lors des deux opérations suivantes, à cause de complications. La dernière opération consiste à lui transplanter un utérus. Elbe voulait devenir mère.

Il est possible que Wegener ait été un intersexe, car il ressemblait déjà plus à une femme qu’à un homme.
Le roi du Danemark annule le mariage en octobre 1930, et Wegener fait changer son identité. Il reçoit un passeport au nom de Lili Elbe. Elle meurt en 1931, des suites de sa dernière opération, trois mois auparavant, sans doute à cause d’un rejet de greffe.

En 2001, un auteur américain, David Ebershoff, publie un roman inspiré de sa vie, The Danish Girl.

Camille Cabral, médecin dermatologue d’origine brésilienne, est la fondatrice du Groupe de prévention et d’action pour la santé et le travail des transsexuel(le)s (PASTT). Elle est devenue la première élue transsexuelle de la République française.

Selon elle, les travailleuses du sexe doivent acquérir un statut social et professionnel. Elle est aussi pour une approche globale de la lutte contre le trafic des êtres humains et le proxénétisme qui n’aurait pas été mise en place après la promulgation de la loi pour la sécurité intérieure en mars 2003.

Elle est co-organisatrice, avec le groupe militant Les Putes , de la marche de Fierté des travailleuses du sexe dite «Pute Pride».

Camille Cabral est fondatrice de la coopérative Red Light qui vise à créer une dynamique d’économie solidaire auprès des travailleuses du sexe afin de les rendre moins vulnérables face aux proxénètes et aux mafieux.

Elle a été la première élue transsexuelle de la République française (sur une liste des Verts comme conseillère d’arrondissement dans le 17e arrondissement de Paris) de 2001 à 2008. Lors des élections législatives françaises de 2002, Camille Cabral a été la candidate des Verts dans la seizième circonscription de Paris, recueillant 2,39 % des voix. Sa ré-adhésion a été refusée par les instances du parti des Verts d’Île-de-France en octobre 2006. Elle s’est présentée aux élections législatives françaises de 2007 comme candidate indépendante dans la cinquième circonscription de Paris, recueillant 0,78 % des voix.

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