Nicolas Cocaign, le « cannibale de Rouen »

Nicolas Cocaign est né en 1971, il a été abandonné quelques semaines après sa naissance par sa mère, une femme âgée alors de 21 ans sans domicile fixe, qui fut confiée à l’Aide sociale à l’enfance quand elle était petite. A trois ans, Nicolas Cocaign est adopté par un couple de Petit-Quevilly, dans la banlieue de Rouen que le cannibale qualifie de très bons parents. Très vite il est considéré comme un enfant turbulent qui redouble ses classes et suscite l’inquiétude de son entourage. Son instituteur disait : il est dans une bulle et tant qu’il ne crèvera pas cette bulle, il ne s’en sortira pas, a assuré sa mère, Geneviève Cocaign.
A six ans, il est suivi par une psychologue qui l’accompagnera de manière plus ou moins régulière durant toute son enfance et son adolescence. Dans un témoignage écrit, elle dit qu’elle lui servait de « repère » pour « discerner le bien et le mal ».
Nicolas assure que ses difficultés ont empiré avec un viol qu’il aurait subi à l’âge de treize ans. Se disant gouverné depuis par de « violentes pulsions sexuelles » et des désirs morbides d’anthropophagie, il est placé un peu plus tard dans un foyer d’où il fugue et bascule dans la délinquance.

A 22 ans, il est condamné à une amende pour trafic et détention de stupéfiants avant d’autres condamnations pour des faits de violences puis des viols. A plusieurs reprises, il fait l’objet de mesures d’hospitalisation d’office notamment sous la pression de ses parents qui le considèrent comme dangereux pour la société. Mais quand il sort, il ne poursuit ni traitement médicamenteux ni suivi psychothérapeutique alors qu’il dit être demandeur. « Mes pulsions étaient toujours là, alors… » dit-il.

Dans ce parcours noir, une seule lueur émerge : sa passion pour les chevaux. « Il ne vivait que pour le cheval », assure sa mère. Lui-même confie que le meilleur moment de sa vie a été une période de travail comme palefrenier-soigneur dans un centre équestre à Rodez.

Les experts psychiatres, lors de son procès de 2010 avaient conclu à son « irresponsabilité pénale » en raison d’une structure et d’un fonctionnement à caractère « psychotique ». Mais leurs conclusions avaient été invalidées au cours de l’instruction par cinq autres de leurs confrères qui avaient estimé que son discernement n’était pas « aboli » mais simplement « altéré » au moment des faits.

« Personne ne m’écoutait. J’ai fait des appels au secours en disant que j’étais un homme susceptible d’être dangereux. Je suis passé à l’acte et on m’a pris au sérieux », a déclaré Mr Cocaign.

Petit homme au cheveu rare et court, à la barbe taillée et au visage marqué par des tatouages, Nicolas Cocaign, 38 ans, s’est longuement exprimé sur son histoire et le mal-être qui l’habite depuis toujours, au premier jour de son procès devant la cour d’assises de la Seine-Maritime.

Avec les 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué un codétenu et mangé un morceau d’un de ses poumons, Cocaign vient d’écoper de 10 ans de prison supplémentaires pour une tentative de viol commise en 2006, révèle le «Paris Normandie».

es faits ont eu lieu dans la nuit du 25 au 26 mars 2006, à Rouen, en plein centre-ville. Ce jour-là, la jeune femme croise le chemin de cet homme intrigant alors qu’elle traverse une phase mystique, raconte France 3 Normandie. Ils discutent dans les jardins de l’Hôtel de Ville, quand la situation dégénère, et qu’il la menace violemment. Heureusement pour elle, elle parvient à s’échapper. Mais «le préjudice qu’elle a subi est réel et entier», a souligné son avocat, Me Dominique Vallès, durant le procès. «Elle pense que cet homme est fou et qu’il doit donc être soigné, pas emprisonné», a-t-il précisé.

C’est d’ailleurs à la suite de cette tentative de viol, que Nicolas Cocaign, placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Rouen, avait frappé à coups de poings, de pieds, son codétenu le 2 janvier 2007, lui avait enfoncé à sept reprises une lame de ciseau dans le thorax, avant de l’achever en l’étouffant avec des sacs poubelles. Il avait ensuite mangé un morceau de poumon cru de sa victime, et un autre frit avec des petits oignons –il pensait prélever le cœur.. pour lui «prendre son âme», expliquera-t-il au juge d’instruction. Un troisième détenu, présent dans la cellule, n’avait pas osé intervenir et s’était suicidé en prison en 2009.

Lors de la deuxième journée d’audience, Nicolas Cocaign a fini par reconnaître les faits qui remontent à 2006. La victime s’est également exprimée. Elle a décrit un homme «effrayant», avec «de la folie dans le regard». Le «cannibale» a en effet un lourd passé psychiatrique derrière lui. Ce père de deux enfants –deux filles- est notamment schizophrène. Ecroué depuis quatre ans à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, il reçoit un traitement médicamenteux et a un suivi psychiatrique très régulier. Les jurés sont toutefois restés en-deçà des réquisitions de l’avocate générale, Valérie Cadignan, qui avait réclamé une peine comprise entre 12 et 15 ans d’emprisonnement en fin de matinée ce mercredi.

voir aussi Issei Sagawa

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  1. […] aussi Nicolas Cocaign GA_googleAddAttr("AdOpt", "1"); GA_googleAddAttr("Origin", "other"); GA_googleAddAttr("LangId", […]

  2. […] avait préalablement découpée en morceaux pour brouiller les pistes. Ce Nicolai, n’est pas Cocaign, mais […]



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